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Avec avis clients

Vis ma vie de libraire

Comment j’ai créé ma librairie ?

Cette semaine, c’est une vaste question qui m’a été posée, comment j’ai créé ma librairie. Comme beaucoup, je me suis d’abord sentie envahie d’un grand stress à l’idée de créer mon entreprise. J’avais décidé de faire un bilan de compétences et de changer de métier mais je ne m’attendais pas à créer ma société. Heureusement, des années de gestion de projets m’ont aidé à y voir plus clair. J’ai décidé de faire les choses telles que je savais les faire pour m’apporter un peu de confort et de sécurité.

Au commencement…

Pour commencer, j’ai lu. Comme quoi, le choix de la librairie n’était pas un hasard ! J’ai lu tout ce que je trouvais sur la librairie. Des articles, des données économiques, je me suis renseignée sur l’organisation du monde du livre… Je voulais savoir où je mettais les pieds, quel était l’environnement, culturel et économique. Ensuite, j’ai rencontré quelques libraires pour confirmer ce que j’avais pu étudier et poser certaines questions.

Une fois réalisé tout ça, j’en ai dressé un bilan. Pour notamment identifier ce que je devais faire, quelles devaient être mes priorités, quels étaient mes points forts et mes points faibles pour ce projet, là où je devais monter en compétence.

Je savais aussi que j’avais très envie de monter mon projet en mode collaboratif. Je n’avais pas envie de construire ce projet seule, j’avais envie de le partager et d’en faire une aventure humaine. Et puis, il y a plus d’idées dans plusieurs têtes que dans une.

J’ai donc lancé des ateliers collaboratifs avec des amis, de la famille et d’anciens collègues de travail. On a réfléchi ensemble à ce qu’allait être la librairie, son offre, sa communication, ses valeurs… Ca restera parmi les meilleurs moments de la création de la librairie. C’était très riche et ça me manque beaucoup de ne plus échanger comme ça sur le projet.

Il est vite ressorti de mes envies et de nos groupes de travail que je voulais une librairie qui soit un vrai lieu de vie et propose des animations, des rencontres…

L’étude de marché

L’étude de marché, c’est un mot qui fait souvent peur mais c’est pourtant une étape passionnante et incontournable du projet.

Grâce aux chiffres communiqué par le SLF (Syndicat de la librairie française) et le Ministère de la culture, j’avais les données macro pour établir l’étude de marché.

J’ai ensuite fait une étude économique sur la zone de chalandise que j’avais identifiée. Pour ça, je vous recommande d’utiliser l’outil ODIL de l’INSEE qui permet de bénéficier de toutes les données démographiques et économiques nécessaires dans un même outil.

Enfin, j’ai finalisé mon étude de marché par une enquête terrain. J’ai réalisé un questionnaire, je me suis installée dans la rue à des endroits que j’avais identifiés comme de bons emplacements pour la librairie et j’ai interviewé les passants. Cette étape m’a permis de voir si la demande et le besoin étaient le même que pouvait le montrer l’étude nationale et d’affiner au plus près des besoins des gens. Ca m’a également permis de me rendre compte du passage et de la fréquentation du centre ville.

Bonne nouvelle : le besoin était là et les gens impatients que je m’installe !

Le business plan

Là, j’étais en plein cœur de ce que je savais faire. Le business plan est un document très important qui vous permet de présenter votre projet (philosophie, marché, activité, offre, clientèle…), de vous présenter en tant qu’entrepreneur et de présenter le prévisionnel d’activité que vous projetez pour les trois premières années d’exercice.

C’est en rédigeant votre prévisionnel que vous vous assurez que les projections que vous aviez faites dans votre tête sont réalisables ou non.

C’est un document qui doit être pris au sérieux et doit donner envie aux financeurs de vous suivre pour réaliser votre projet. C’est sur cette base que les banques, les garanties, les partenaires décident ou non de vous accompagner.

J’ai eu la chance de savoir le rédiger seule. Je l’ai ensuite fait valider par mes proches et mon comptable.

La recherche du local

Je pensais que ça serait l’étape la plus grisante pour moi, le moment où ça devient concret. Mais c’est en fait un vrai ascenseur émotionnel ! Vous trouvez, vous faites des devis, vous négociez et… non ! Finalement le propriétaire revient sur sa décision, il ne veut plus de travaux, finalement il a préféré vendre… Ca n’a pas arrêté. Quel temps perdu !

Il me fallait un local dans le centre ville ou à proximité mais les prix ! Il me fallait également une surface suffisamment importante pour une librairie de 7000 références, un salon de thé et la possibilité de faire des animations.

J’ai trouvé le local la semaine précédent le 1er confinement !

La recherche des partenaires

Une fois le local trouvé, y a plus qu’à… Les choses s’accélèrent considérablement :

  • trouver les financements : la banque, la garantie, les prêts d’honneur, le financement participatif, les subventions. A chaque fois, un nouveau dossier, de nouvelles questions.
  • trouver les partenaires pour le local : les travaux, l’installation de la librairie…
  • trouver l’assureur
  • trouver les partenaires pour le salon de thé : le fournisseur de thé, celui pour le café, celui pour les pâtisseries…
  • choisir son transporteur : bon, là, je reconnais que le choix n’a pas été bon. Vivement que je puisse en changer.

L’ouverture des comptes auprès des diffuseurs

C’est certainement l’étape qui m’a le plus stressée et pour laquelle je me suis le plus préparé. L’ouverture des comptes auprès des diffuseurs de livres est une étape très administrative mais pas que. Je savais que la librairie était le commerce le moins rentable de la place. Il fallait donc que j’arrive à négocier de supers conditions, surtout si je voulais laisser de la place à des éditeurs indépendants qui n’avaient pas les mêmes moyens que les gros diffuseurs.

J’ai donc préparé dans le détail une plaquette présentant le projet et ses forces, afin de leur envoyer avant d’entamer toute négociation. Au final, ça a été plutôt payant, je m’en suis plutôt bien sortie et j’ai eu des taux de remise plutôt bons dès le début.

Voilà, vous savez tout, enfin beaucoup. J’ai passé la formation puisque j’en avais parlé dans mon précédent article que vous pouvez retrouver ici. Je n’ai pas abordé la création de la société, étape très administrative.
Si vous avez des questions sur cet article ou d’autres questions à ma poser sur ma vie de libraire, n’hésitez pas.

La semaine prochaine, je vous parlerai de la sélection des livres et j’en profiterai pour parler de la constitution du stock.

A bientôt

Céline, votre libraire