Tout va bien mon lapin ?

Quand on est un peu curieuse comme moi et qu’en sortant les livres du carton on découvre cette couverture, on le met de côté. Et quelle bonne idée ! Je me suis régalée. C’est drôle, c’est effrayant et c’est beau.

Didier Paquignon a une passion un peu étrange, il collectionne les faits divers. Mais passion certainement moins étrange que les propres faits qu’il rapporte. Qu’elles se passent en France, à l’étranger, ces histoires reflètent notre société, les travers de l’être humain. Parfois drôles, ces histoires sont surtout étonnantes et peuvent aller jusqu’à vous faire peur. Elles interrogent beaucoup sur nous, nos réactions, nos émotions, nos idées. Quand on les lit on flirte entre incompréhension, pitié et honte.

Mais l’auteur ne s’arrête pas à cette passion. Artiste peintre, il a décidé de mettre en face de chacun de ces faits divers un monotype qui illustre l’histoire. Ces illustrations sont magnifiques. C’est très fin. Le noir et blanc renforce le message transmis. Je trouve que c’est une très bonne idée de souligner le côté insolite des gens avec des images qui relèvent presque de la caricature.

Je trouve que l’éditeur explique parfaitement le projet de l’auteur dans la préface du livre :

En parcourant les pages qui suivent, on comprendra en quoi Didier Paquignon s’inscrit dans cette lignée absurde ouverte par Félix Fénéon. L’espère humaine est déplorable, et probablement condamnée à revivre éternellement les mêmes drames, c’est entendu. Mais, pour l’un comme pour l’autre, rien n’empêche d’avoir l’élégance d’en rire, et nous avec eux.

Je vous livre un des ces faits divers reporté par l’auteur. Avouez, en tant que passionné.e de lecture, vous ne savez pas comment vous, vous auriez réagi ! 😄

Fous de livres

L’ingénieur Sergey Savitsky, 55 ans, a poignardé le soudeur Oleg Beloguzov, âgé de 52 ans, à la cantine de la base russe Bellinghausen, située dans l’archipel qui sépare l’Antarctique de la Terre de Feu. Oleg a été emmené à l’hôpital le plus proche, situé au Chili. Son collègue s’est rendu au chef de la base et a reconnu sa culpabilité. Selon la presse russe, les deux hommes, qui ont passés quatre années dans cette station isolée, sont de férus lecteurs. Sergey aurait pris son collègue en grippe. Oleg lui racontait toujours la fin des romans qu’il n’avaient pas encore lus.

(Le Figaro, 30 octobre 2018)

Découvrez ma chronique littéraire :

Si vous voulez vous faire plaisir ou l’offrir à Noël, c’est par ici : Tout va bien mon lapin ?