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Avec avis clients

Un roman poignant sur la famille

Le nouveau roman de Gaëlle Josse est aussi délicat que sombre et vous fait plonger dans l’intime d’une famille meurtrie par les traumas du père.

Isabelle se rend dans son village des Alpes où elle a grandit à l’ombre d’un père exigeant et froid, rappeler par son frère Olivier. Son père a « la maladie » de l’oubli et elle décide, malgré la souffrance de ses souvenirs là-bas, de revenir dans cette montagne qu’elle a tout fait pour fuir.

Comment vont se passer ces retrouvailles ? Comment réagir face à ce père aussi dur que la pierre qu’il aimait gravir ? Pendant ces quelques jours, ce père, cette fille et ce fils vont apprendre à se connaître, à se reconnaître, à se dévoiler, à se comprendre.

Un roman très fort et touchant sur la famille, nos traumas et leurs conséquences. Sur la vie.

Extrait :

« Je cherchais un stylo, tout à l’heure, le mien venait de lâcher. Énervée, impatiente, j’ai ouvert l’un des tiroirs du buffet. Au milieu des vieilles factures, de prospectus, de bouchons en liège et d’élastiques, il y avait un jeu de cartes. Un jeu des sept familles. Notre jeu des sept familles. Tu nous l’avais rapporté un soir, tu venais de l’acheter chez le marchand de journaux, et tu voulais nous faire plaisir, ce n’était pas si fréquent. Parfois, tu venais t’asseoir avec nous, avec maman, et tous les quatre nous faisions quelques parties. J’aurais voulu que ces moments soient éternité, rien n’était plus important que ces quelques rectangles de carton glacé que nous nous échangions autour de la table, les soirs où tu voulais bien. Je n’ai jamais aimé les jeux, perdre ou gagner m’importe peu, les règles m’importent peu, je suis incapable de les retenir et de m’y soumettre, ce que je voulais, c’était ta présence, ton corps, ton regard, ta respiration, parmi nous, avec nous.

J’avais ma famille de prédilection, parents, enfants et grands-parents de temps anciens, poudrés et emperruqués, le père en majesté, regard et geste protecteur, main posée sur le dossier d’un fauteuil au dessin chantournée, la mère si élégante dans une robe à paniers vert d’eau, évanescente, le fils en bottes, que l’on devinait intrépide cavalier, et le jeune fille, toute de grâce et de rubans, à son clavecin ; ils semblaient raconter une histoire idéale dont j’étais privée, et, soir après soir, je leur inventais mille épisodes, milles aventures qui me tenaient au bord du sommeil, mais dans mes films, c’est la jeune fille qui se faisait cavalière, infatigable et aventurière. Je ne sais pas si j’ai aimé retrouver ce paquet corné retenu par un élastique, j’ai eu l’impression que quelque chose de très ancien, d’indéfinissable, me sautait au visage. J’ai refermé le tiroir en hâte, renvoyant mon ancienne famille de prédilection à son cimetière de poussière. »

Retrouvez le livre sur les tables de la librairie ou directement sur la boutique en ligne ici

Belle lecture ! Et n’hésitez pas à nous faire votre retour de lecture en commentaires.

Céline, votre libraire